Musée d'art moderne et contemporain de Saint-EtienneSaint-Etienne Méetropole
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Delph750
Le 30 mars 2012.

"Super cette rubrique ressources. J'ai pu faire plusieurs recherches très différentes afin de préparer une séance d'arts visuels pour ma classe de CM1. Du coup, je pense les emmener en visite au Musée l'année prochaine, en CM2.".
 
 
 
contenu destiné au public adulte
Giovanni Anselmo
Source : Département des publicspublié le 13 juin 2015

Giovanni Anselmo, "Grigi che si alleggeriscono verso oltremare" (Gris qui s'allègent vers l'outre-mer), 1982. Pierres, câble d'acier, noeud coulant, outremer. "Il paesaggio con mano che lo indica mentre verso oltremare i grigi si alleggeriscono", Galerie Salvatore Ala, Milan, 1982, (vue partielle). Courtesy Archives Anselmo. Photo : Paolo Mussat Sartor.


 
Giovanni Anselmo, "Struttura che mangia l’insalata" (Structure qui mange la salade), 1968. Granit, salade, fil de cuivre et sciure; 65 x 30 x 30 cm. Collection privée. Dépôt au MAMC Saint-Étienne. © Giovanni Anselmo. Photo : Yves Bresson.
 
 
Giovanni Anselmo, "Il panorama con mano che lo indiqua" (Le panorama avec main qui l’indique), 1982. Dessin sur papier, pierre. 280 x 151 x 100 cm. Courtesy Archivio Anselmo. Photo : Paolo Mussat Sartor.
 
 
Giovanni Anselmo, "Invisibile" (Invisible), 1970-1998-2007. Inscription sur pierre. 40 x 90 x 40 cm. Courtesy : Tucci Russo Studio per l’Arte Contemporanea, Torre Pellice (Torino). Photo : Paolo Mussat Sartor.

 
Giovanni Anselmo, "L’aura della pittura" (L’aura de la peinture), 1996. Pierre (granit noir Afrique), acrylique, fer. 12 x 80 x 230 cm. Courtesy : Tucci Russo Studio Per l’Arte Contemporanea, Torre Pellice, 2002. Photo : Paolo Mussat Sartor.
 
Giovanni Anselmo, "Documentazione di interferenza umana nella gravitazione universale" (Documentation d’interférence humaine dans la gravitation universelle), 1969. 20 photographies prises en séquence et à vingt pas l’une de l’autre en marchant dans la direction du soleil au crépuscule. Courtesy Archivio Anselmo. Photo : Paolo Mussat Sartor.

 
Giovanni Anselmo, "Particolare" (Détail), 1972. Projections, diapositives. Courtesy Archivio Anselmo. Photo : Paolo Mussat Sartor.

 
Giovanni Anselmo, "Dove le stelle si avvicinano di una spanna in più mentre la terra si orienta" (Où les étoiles se rapprochent alors que la Terre tourne), 2004-2015. Pierre, terre, boussole. 80 x 60 x 25 cm. Courtesy Archivio Anselmo. Photo : Paolo Mussat Sartor.

> www.archivioanselmo.com/

 

 

 

Giovanni Anselmo est un artiste italien, né en 1934. Son nom est associé dès 1967 au mouvement de l’Arte povera. Il réalise ses premières sculptures dans "la possession de la réalité", selon l’expression de Germano Celant. Il s’agit d’utiliser des matériaux bruts. En effet, dès ses débuts, Anselmo élabore, entre la matière et la forme, des assemblages de matériaux naturels (pierre, bois) avec des matières végétales (éponge, laitue). Par exemple, une de ses œuvres emblématiques, "Struttura che mangia l’insalata"1, associe le granit et la salade.

Chacune des sculptures ou des installations est singulière, tant par le choix de la pierre, que par le traitement de sa forme et dans sa mise en place. Le spectateur est convié à percevoir les rapports de force mis en jeu par les constructions : la matière, le poids, la gravité, la masse et l’énergie.

LE TEMPS ET L'ESPACE DE L'ŒUVRE

"Il y a toujours dans mon travail une tendance à amplifier le champ visuel, à mettre mon œuvre en rapport avec le monde extérieur (…)".2

Le travail d’Anselmo se présente dans un espace réel qui invite à se déplacer pour saisir l’œuvre dans sa globalité. En effet, le dispositif mis en place avec différents supports (pierre, terre, diapositive, photographie) nécessite un temps de recomposition de l’œuvre, qui est un temps au cours duquel le spectateur va reconstruire et intégrer l’œuvre mentalement. Il s’agit d’entrer dans l’œuvre.

L’œuvre de Giovanni Anselmo met en situation le spectateur au centre d’un dispositif sculptural :

• "Il panorama con mano che lo indiqua" (Le panorama avec la main qui l’indique) invite le spectateur à entrer dans un autre espace. La main dessinée désigne un espace que l’on pourrait voir comme un rideau, un mur virtuel ; ou un signe qui orienterait le regard vers un matériau : la pierre.

• Un bloc de pierre porte l’inscription "VISIBILE", alors que le titre de l’œuvre est Invisibile, ce qui évoque l’opposition entre les deux mots et une rupture entre ce que l’on voit et ce que l’on lit. Cela perturbe notre perception et modifie la lecture de l’espace et de la réalité. Que nous donne-t-il alors à voir ?

• Le mot "Particolare" (Détail) est projeté sur le mur. Il fait converger le regard vers un point précis définissant une zone lumineuse sur l’espace du mur. L’œuvre nous met dans une situation où il y a un flux continu d’énergie, car projeté sur le mur, le mot ne recouvre ni ne modifie le réel.

LA PIERRE : UNE TOUCHE DE PEINTURE

Chez Anselmo, la pierre est présente comme une source première : matière ou substance solide, surface sensible mais elle sert aussi de base ou de support à l’œuvre. Elle affirme sa présence dans sa densité, sa dureté ou même sa couleur. En effet, une de ses préoccupations principales est celle de la couleur. Anselmo se réclame d’abord de la peinture, car il est convaincu que les pierres ont des qualités de gris diverses. D’ailleurs, la simplicité de la présentation des pierres valorise ces qualités.

L’artiste joue de paradoxes et d’oppositions.Il déjoue ce qui est inhérent à la pierre (poids, masse, gravité) pour mieux la dématérialiser en tenant compte de la couleur et de l’espace du mur. Partant de l’immobilité de la pierre, de sa dureté et de sa masse, l’artiste, avec son installation, fait naître la perception d’une matière légère. En disposant des blocs de granit sur le mur près d’un rectangle bleu, le gris de la pierre semble s’alléger au contact de la couleur, et tend vers le bleu du ciel. Le bleu dématérialise tout ce qui l’entoure. La pierre semble perdre de son poids, devenir différente de sa nature originelle et acquérir ainsi un nouveau statut.

L'ÉNERGIE

Le point de départ de son travail vient d’une expérience vécue au sommet du volcan Stromboli, en 1965. Face au soleil et dans ce lieu spécifique, il ressent des sensations de vitesse vertigineuse près des explosions volcaniques. C’est à ce moment-là que sa pratique artistique se consolide autour des relations qu’il entretient avec des forces naturelles (gravitation, attraction, pesanteur). Il dit : « C’est une insertion dans le flux de la vie, la prise en considération d’une réalité que je peux transformer en une œuvre. »3

Les vingt photographies de 1969 sont le résultat d’un projet au cours duquel il a marché à toute vitesse vers l’ouest, en photographiant, tous les vingt pas, le soleil au-dessus de l’horizon. Sa volonté était de retarder le coucher du soleil par le biais d’instants saisis.

L’énergie est représentée dans ses œuvres, notamment par une boussole placée au centre de la Terre ou encore par trois panneaux identiques de granit noir, fixés contre un mur. Ces panneaux proches, par leur forme et leurs dimensions, de stèles funéraires, contiennent une force magnétique, d’où émanent des lumières colorées.

"L’énergie en soi n’est jamais visible, el
le se manifeste à travers les effets qu’elle produit. Insérer l’énergie dans l’œuvre, non pas pour démontrer qu’elle existe mais pour la tenir active, permet à l’œuvre elle-même de conjuguer le temps au présent en fonction de la vie."4

Les expériences physiques et sensorielles menées par Giovanni Anselmo dans l’environnement naturel souligne les thèmes récurrents de son œuvre : le temps, l’espace, le mouvement et la lumière. Les matériaux transformés et les mots choisis affirment la volonté de l’artiste de questionner le spectateur sur sa relation au monde.


ARTE POVERA (Art pauvre)

Nom donné à un ensemble d’artistes, suite à l’exposition organisée par Germano Celant (critique et historien d’art) à Gênes en septembre 1967. Elle présente des artistes qui - dans une perspective de se dégager des conventions d’ordre technique ou matériel - mettent en place de nouvelles pratiques artistiques : gestes simples, dépouillement et préférence pour les techniques artisanales, utilisation d’éléments naturels, éphémères. L’Arte povera réunit entre autres : Luciano Fabro, Mario Merz, Giuseppe Penone, Gilberto Zorio. Éloignés des courants américains de l’époque (Pop Art, Minimal art), ces artistes se réclament d’un contexte particulier (crise économique, rébellions de 1968 en Italie) et refusent la mécanisation de l’œuvre (Pop Art) pour critiquer la société des années 1960 et 1970 fondée sur la technologie et la production de masse.

(1) ("Structure qui mange la salade"). Cette œuvre est visible dans l’accrochage de la collection Arte Povera.

(2) Entretien réalisé lors de l’exposition Giovanni Anselmo, Galleria Civica, Modène, 1989.

(3) Entretien de l’exposition Giovanni Anselmo, Galleria Civica, Modène, 1989.

(4) Entretien mené par Giovanni Lista "L’énergie en soi n’est jamais visible" in Ligeia N°25-28, Arte Povera, octobre 1998-juin 1999.



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