Musée d'art moderne et contemporain de Saint-EtienneSaint-Etienne Méetropole
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Delph750
Le 30 mars 2012.

"Super cette rubrique ressources. J'ai pu faire plusieurs recherches très différentes afin de préparer une séance d'arts visuels pour ma classe de CM1. Du coup, je pense les emmener en visite au Musée l'année prochaine, en CM2.".
 
 
 
contenu destiné au public adulte
Autour du fonds Robelin, collection du Musée
Source : Département des publicspublié le 16 juillet 2015

Arnulf Rainer, "Autoportrait",1972-75. Gouache, lavis et pastel sur photographie. 60 x 50 cm. Collection du MAMC, Saint-Étienne. © Atelier Rainer. Photo : Yves Bresson.

Jochen Gerz, "Dimanche, tous les dimanches n°4", 1971. Photographie noir et blanc et textes. 70 x 129 cm. Collection MAMC, Saint-Étienne. Photo : Yves Bresson. © ADAGP, Paris, 2015.

Wolf Vostell, "Basel Beton", 1971. Crayon, aquarelle, photographie, plâtre moulé peint en gris sur panneau de bois. 79 x 108 cm. Collection MAMC, Saint-Étienne. Donation de M. et Mme François et Ninon Robelin en 1994. © Adagp, Paris 2014. Photo : Yves Bresson/MAMC.

Sigmar Polke, '' Unser Kundendienst ! '', 1985. Laque, acrylique, tissu, gants de travail. 180 x 150 cm. Collection MAMC, Saint-Étienne. Donation de M. et Mme François et Ninon Robelin en 1994. © The Estate of Sigmar Polke, Cologne / ADAGP, Paris 2014. Photo : Yves Bresson.

Michael Buthe, "Bekai", 1964. Diptyque. Cire blanche, techniques mixtes acrylo-vinyliques et pigments métalliques sur toile, végétaux et tissu. 180 x 325 cm. Collection MAMC, Saint-Étienne. Photo : Yves Bresson. © ADAGP, Paris, 2015.

 

 

 

AUTOUR DU FONDS ROBELIN

En 1994, les galeristes et collectionneurs François et Ninon Robelin, originaires de Roanne, donnent au Musée d’art moderne de Saint-Étienne une exceptionnelle collection d’œuvres d’art. Figurent dans cette collection des ensembles de pièces des années 1960- 1970 de Jochen Gerz, Michael Buthe, Wolf Vostell, Sigmar Polke, Erik Dietman...

Le Fonds Robelin a depuis été enrichi par des dessins de Günter Brus, Hermann Nitsch et Arnulf Rainer. Ces acquisitions, effectuées depuis 2007, sont présentées dans les salles. Par ailleurs, une sculpture, "Le Valet de Boccioni" de Dietman, actuellement exposée sur le parvis du Musée, est ve
nue compléter l’ensemble des œuvres de l’artiste.

La singularité de cette collection se trouve dans le choix d’artistes qui traversent de grands courants esthétiques (Fluxus, Actionnisme viennois...) des années 1960 et 1970. Les œuvres accrochées se caractérisent par leur rapport à la seconde guerre mondiale, par leur forte charge poétique, par "[leur] absence de formalisme et par [leur] sens de la révolte, même s’il ne s’agit pas d’un art démonstratif".1  À l’opposé de certains artistes minimalistes américains comme Donald Judd, Carl Andre, Sol LeWitt, présentés lors de l’exposition "USArt" au Musée en 2014, chacun des artistes du Fonds Robelin aborde des questions sur le monde et le réel. Leurs propositions sont, en ce sens, parallèles à celles des artistes rassemblés en 1969 à la Kunsthalle de Berne (Suisse) par le commissaire Harald Szeemann dans l’exposition "Quand les attitudes deviennent forme".2 Les uns comme les autres cherchent à concilier l’art et la vie en réalisant des expériences (action, intégration du public, bruits...).

RÉINVENTER L'IMAGE

L’écriture et le mot deviennent des matériaux, des éléments plastiques jusqu’à faire du langage la matière même des œuvres. Des artistes, parmi lesquels Jochen Gerz, Wolf Vostell, Erik Dietman et Sigmar Polke, détournent ou réinterprètent l’image en introduisant le texte, le mot, le dessin, la peinture ou l’objet.

Par l’intermédiaire de l’écriture, Jochen Gerz apporte une contribution originale au langage de la photographie ("Dimanche, tous les jours dimanche"). L’artiste entretient un rapport personnel avec le temps, dans le choix des photographies et avec l’écriture du texte qui est présent dans l’œuvre. En regardant les images en noir et blanc et en lisant le texte, le spectateur peut interpréter l’œuvre de différentes façons.

Assemblages, confrontations insolites d’objets trouvés, détournements de mots ramènent l’œuvre d’Erik Dietman dans le champ du réel. Ou encore, le slogan3 tamponné sur de la toile à matelas de Sigmar Polke inscrit l’œuvre, datée de 1985, dans le monde publicitaire et dans le champ des déchets de la société de la vie quotidienne. Face au monde de la technique industrielle, aux procédés mécaniques de l’image populaire de la société de consommation (ainsi que les pratiquait Andy Warhol) s’ajoute chez Polke l’ironie, avec l’utilisation de la toile à matelas à la place de la traditionnelle toile de lin.

L’œuvre de Wolf Vostell entre en résonance avec l’esprit Fluxus.4 Il s’engage dans une critique des images qui participent d’une réflexion sur l’Histoire ou d’une attention au monde. Par exemple, il place sur l’image ("Basel Beton"), un morceau de béton qui crée ainsi une zone vide dans la ville notamment de Bâle. Ou encore les dessins de "Têtes bétonnées "traduisent une dimension politique et sociale de l’après-guerre.

RÉINVENTER L'ACTE DE PEINDRE

Au milieu des années 1960, c’est le retour d’une peinture expressionniste, figurative et intimiste réaffirmant la présence de l’Europe sur la scène artistique.

Les actionnistes viennois (Autriche), dont font partie Hermann Nitsch et Günter Brus réalisent des actions théâtrales (performances), des rituels sacrificiels, orgiaques et violemment expressifs. Le corps s’offre à des expériences dans le prolongement d’une stratégie qui voudrait brouiller les frontières entre l’art et la vie. La violence du geste, les ajouts successifs et rapides de la peinture sur le corps photographié d’Arnulf Rainer, accentuent l’expression d’une énergie vitale et existentielle. Ce qui amène, le critique d’art américain Harold Rosenberg à dire que "l’acte de peindre relève de la même substance métaphysique que l’existence de l’artiste. La nouvelle peinture [abolit] toute distinction entre l’art et la vie".5

Michael Buthe fait usage de matériaux naturels (bois, cire). Les matériaux sont recouverts de peinture, de dessin et d’agencements insolites de formes. C’est en effet un art des équilibres fragiles, des tensions mais pacifiées par la rêverie et l’imagination poétique. Pour Michael Buthe, "peindre un tableau doit être une nécessité existentielle. Pas de recherche de beauté ni d’esthétique, mais la nécessité de combattre la réalité".6


(1) Interview avec les collectionneurs Robelin, Journal des Arts, N°11, 1995.

(2) Histoire d’un événement : "Quand les attitudes deviennent formes", avec Beuys, Jacquet, Merz, Pistoletto, Sarkis, Serra, etc., Artpress, N°121, 1984.

(3) "Notre service après-vente ! À l’achat d’un neuf, nous emportons vos vieux matelas et sommiers à la décharge."

(4) Mouvement international qui débute en 1961 et concerne les arts plastiques, la musique et la littérature. Wolf Vostell, l’un de ses membres organise des concerts "Fluxus-Festival International de la Nouvelle Musique" à Wiesbaden (Allemagne) en 1962.

(5) "Identité italienne", catalogue d’exposition, Centre Georges Pompidou, Paris, 1981.

(6) "La Collection François et Ninon Robelin", catalogue d’exposition, Musée d’Art Moderne, Saint-Étienne, 1995.



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