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Avis de
Delph750
Le 30 mars 2012.

"Super cette rubrique ressources. J'ai pu faire plusieurs recherches très différentes afin de préparer une séance d'arts visuels pour ma classe de CM1. Du coup, je pense les emmener en visite au Musée l'année prochaine, en CM2.".
 
 
 
contenu destiné au public adulte
Nina Kovacheva, The Marriage of Heaven and Hell
Source : Département des publicspublié le 19 septembre 2015

Nina Kovacheva, "The marriage of Heaven and Hell - 2", triptyque, 2015. Acrylique et encre sur papier, 110 x 450 cm. © Nina Kovacheva.

Nina Kovacheva, "The marriage of Heaven and Hell - 1", polyptique, 2015. Acrylique et encre sur papier, 150 x 550 cm. © Nina Kovacheva.

Nina Kovacheva, "The marriage of Heaven and Hell – 14, 2012. Acrylique et encre sur papier, 110 x 150 cm. © Nina Kovacheva.

Nina Kovacheva, "The marriage of Heaven and Hell – 29, diptyque, 2015. Acrylique et encre sur papier, 150 x220 cm. © Nina Kovacheva.

 

 

 

"Sans contrainte, il n’est pas de progrès. Attraction et Répulsion, Raison et Energie, Amour et Haine sont nécessaires à l’existence de l’homme."
William Blake(1).


Nina Kovacheva est née en Bulgarie en 1960. Elle fait ses études à l’École des Beaux-arts de Sofia et s’installe à Paris en 1995. Elle réalise avec Valentin Stefanoff, artiste bulgare, des vidéos, notamment "Au-delà de ce qui est visible", dont la situation et l’existence de l’homme dans le monde moderne sont les principaux sujets. Les films trouvent leur inspiration et leur sens dans des mises en scène où se mêlent à la fois le réel et l’imaginaire.

Les dessins à l’encre de Chine et à l’acrylique de Nina Kovacheva, datant de 2012 à 2015, correspondent à un univers de violence et de cauchemar. Ce monde, qu’elle décrit sous forme de bande dessinée sans bulle, évoque les guerres et les crises politiques répétées dans les Balkans(2), région d’origine de l’artiste.

ENFANCE ET VIOLENCE

La série des dessins, dont le titre "The marriage of Heaven and Hell" (Le mariage du Ciel et de l’Enfer) fait écho aux visions apocalyptiques, au romantisme noir des gravures de William Blake et donne à voir, entre autres, le Bien et le Mal, l’Ange noir (le démon) et l’Ange blanc (la lumière). Des revolvers, des mitraillettes, une épée, un tank, des soldats armés sont systématiquement présents dans son œuvre.

L’œuvre centrale de l’exposition peut fonctionner en trois parties. Nina Kovacheva nous met en alerte devant le Bien et le Mal : le regard d’un personnage fixe le spectateur dans un face-à-face déstabilisant. Une main tenant un revolver, au-dessus de l’ange noir, vise un homme flottant aux bras écartés. Le visage caché dans les mains de l’ange blanc exprime la peur et la tristesse. Et d’une manière saugrenue, Mickey apparaît dans cette scène comme une sorcière, assis sur son balai.

Une composition en frise présente la tête d’un personnage aux yeux exorbités de terreur. Il assiste, derrière un mur invisible, à une scène de guerre : un char pointe son canon sur un homme résigné, aux bras levés.
Les personnages sont plongés dans des scènes violentes et brutales. Leurs postures, leurs jeux de regards et les instruments de guerre agissent comme des indices pour évoquer des situations inquiétantes où la violence est omniprésente. Ces images ouvertes à l’interprétation nous rappellent, à chaque instant, un monde envahi par la brutalité.

IMAGES RÉELLES OU IMAGES FICTIVES

Les images de Nina Kovacheva sont intemporelles, dépourvues de décor et elles sont construites sous forme de narration, voire de saynètes. Elles présentent des enfants, des adolescents figés dans leurs mouvements ou flottants dans l’espace de l’image. Ils côtoient des héros de bandes dessinées ou de films (Mickey, Donald, Batman, Maître Yoda de Star Wars). Plusieurs figures de Walt Disney font partie de l’histoire de l’art occidental du XXe siècle avec le Pop Art (Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Claes Oldenburg) et la Figuration narrative en France3. Certains héros populaires, issus de différentes origines, occupent une place évidente dans l’esprit de Nina Kovacheva : icônes médiatiques, contes, légendes, mythologies et histoires bibliques.

Dans une image d’horreur, une adolescente porte sur un plateau la tête d’un visage masqué. Cette scène rappelle les peintures de Salomé avec la tête de saint Jean-Baptiste décapité ou encore de David, tenant de la main gauche une épée et brandissant dans l’autre main la tête de Goliath (Le Caravage v. 1571-1610).

Empruntée à l’"Olympia" de Manet (1832-1883) ou à la "Vénus d’Urbino" de Titien (1488-1576), une adolescente allongée et souriante tient un fusil à lunette. Elle est observée par deux Mickey aux nez de clown.
L’épée comme le fusil sont-ils des armes ou des jouets ? L’horreur est-elle à rechercher du côté de l’enfance ? La condition enfantine, supposée naïve et heureuse, est-elle à penser hors des lieux communs ? Nina Kovacheva cherche-t-elle à restituer au monde de l’enfance sa part d’étrangeté et sa force obscure ?


BLANC ET NOIR

Les dessins traités au pinceau évoquent des aquarelles chinoises. Ils sont aériens, accentués par le fond blanc parfois taché de noir délayé. Les personnages, répartis sur le papier comme des études de carnets de croquis, sont exécutés d’un trait précis et appliqué. Certains objets de guerre - hélicoptère, tank - sont dessinés en lignes fines rappelant des dessins d’enfant. D’autres images ont des effets d’empreintes noires et semblent mises en noir au pochoir sur le support. La surface blanche du papier laisse apparaître des silhouettes vaporeuses ou fantomatiques. Elles semblent être produites avec spontanéité. Le cadrage et la composition des dessins exercent un attrait oppressant ; les personnages sont lâchés dans un univers menaçant. Ces dessins de grands formats ne nous laissent pas indifférents face à un monde violent.


(1) William Blake (1757-1827) est un peintre, graveur et poète anglais. Il a lui-même illustré Le mariage du Ciel et de l’Enfer, Éditions José Corti, Paris, 2009.

(2) Europe du Sud-Est (Albanie, Ex-Yougoslavie, Bulgarie, Croatie, Roumanie…).

Nina Kovacheva, "The marriage of Heaven and Hell - 2", triptyque, 2015. Acrylique et encre sur papier, 110 x 450 cm. © Nina Kovacheva.

Nina Kovacheva, "The marriage of Heaven and Hell - 1", polyptique, 2015. Acrylique et encre sur papier, 150 x 550 cm. © Nina Kovacheva.



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