Musée d'art moderne et contemporain de Saint-EtienneSaint-Etienne Méetropole
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Avis de
Delph750
Le 30 mars 2012.

"Super cette rubrique ressources. J'ai pu faire plusieurs recherches très différentes afin de préparer une séance d'arts visuels pour ma classe de CM1. Du coup, je pense les emmener en visite au Musée l'année prochaine, en CM2.".
 
 
 
contenu destiné au public adulte
Bae Bien-U, Dans le paysage
Source : Département des publicspublié le 19 septembre 2015

Bae Bien-U, "SEA1A-075H", 1999. Tirage argentique sur papier baryté, 102 x 197 cm. Galerie RX, France - Axel Vervoordt Gallery, Belgique. © Bae Bien-U.

Bae Bien-U, "SNM1A-124H", 2007. C-Print, diasec contrecollé sur Dibond, 135 x 260 cm. Galerie RX, France - Axel Vervoordt Gallery, Belgique. © Bae Bien-U.

Bae Bien-U, "SNM1A-O85H", 2002. C-Print, diasec contrecollé sur Dibond, 135 x 260 cm. Galerie RX, France – Axel Vervoordt Gallery, Belgique. © Bae Bien-U.

Bae Bien-U, "SNM5A-003H", 2013. C-Print, diasec contrecollé sur Dibond, 135 x 260 cm. Galerie RX, France – Axel Vervoordt Gallery, Belgique. © Bae Bien-U.

Bae Bien-U, "SNM-005V", 2014. C-Print, diasec contrecollé sur Dibond. 230 x 115 cm. Galerie RX, France – Axel Vervoordt Gallery, Belgique. © Bae Bien-U.

 

 

 

Dans le cadre de l’année de la Corée en France, le Musée expose l’artiste Bae Bien-U, seconde exposition en 2015 d’un artiste coréen après Lee Bul. Cette rencontre avec l’art coréen se poursuivra en 2016 avec la présentation de deux autres artistes coréens. Cette programmation s’inscrit dans l’intérêt fort que le Musée porte depuis plusieurs années à l’art contemporain d’Asie.

Né en 1950 à Yeosu en Corée du Sud, Bae Bien-U étudie à Séoul à l’Université de Hongik. Il pratique la photographie argentique depuis les années 1970 et l’enseigne à l’Institut des arts de Séoul depuis 1981. L’artiste développe sa pratique de la photographie à travers plusieurs séries de paysages : "Oreum", petites collines volcaniques de l’île de Jeju, "Seascape" dépeignant la mer et la côte sud de Corée, "Windscape" capturant le vent dans les paysages, et "Sonamu", photographies de forêt de pins par lesquelles Bae Bien-U s’est fait connaître.

L’exposition de Bae Bien-U présente des photographies de paysages coréens simultanément à son exposition au château de Chambord présentant des vues de forêt prises sur le site.

PAYSAGES ÉTERNELS

Les photographies de Bae Bien-U impressionnent d’abord par leur grand format. Le visiteur se retrouve immergé dans le paysage qu’il découvre en arpentant l’exposition. Cette position du spectateur fait écho à la posture de l’artiste. Bae Bien-U s’imprègne des lieux qu’il photographie au cours de longues marches dans la nature. Il capture l’agencement des arbres, les formes vallonnées, les masses rocheuses, la lumière et l’atmosphère brumeuse du petit matin, la mer et ses embruns.
Il retourne inlassablement sur les sites de son enfance, comme sur l’île de Jeju au Sud de la péninsule coréenne et réalise un très grand nombre de photographies argentiques.


Cette île est désormais défigurée par le tourisme de masse mais Bae Bien-U parvient à réaliser des photographies dont le cadrage isole des fragments de nature. Avec ces vues tirées sur grand format et présentées dans la logique de panoramas, le spectateur plonge dans des espaces de silence. L’utilisation du noir et blanc favorise cette décontextualisation et permet à chacun d’entrer dans une relation intime à l’oeuvre, dans une rêverie. Les photographies de Bae Bien-U confèrent aux lieux un caractère hors du temps, propice à la méditation.


UNE VISION EN HARMONIE AVEC LA NATURE

L’aspect suspendu, irréel des paysages de Bae Bien-U s’associe au souci du détail. Il sait rendre la texture des éléments qu’il photographie, par exemple, le craquèlement des écorces d’une manière quasi naturaliste. Cette vision de proximité est celle d’un homme qui recherche une communion avec la nature, et non une volonté de domination. Ce sentiment d’harmonie de l’homme avec la nature est caractéristique de la tradition de paysages en Orient comme en Occident.


Les peintres romantiques tels Caspar David Friedrich (1774-1840) ont tenté de saisir une nature changeante et la mobilité des phénomènes atmosphériques, en abandonnant les codifications symboliques figées, associées au genre du paysage classique. En Corée, à la différence du style traditionnel des lettrés chinois et de l’art du paysage idéalisé et abstrait, Jeong Seon(1) (1676-1759), a créé un nouveau style, plus réaliste.
Bae Bien-U se réfère à cette approche de Jeong Seon, maître des pins et des saules pleureurs.


Lorsque Bae Bien-U retourne inlassablement dans la forêt de pins sacrée de Gyeongju, il ne photographie pas un arbre idéal mais un arbre en particulier. En Corée, les pins sont symboles de longévité. L’artiste les considère comme l’âme du peuple coréen. Pour lui, chaque arbre est différent, tout comme chaque homme. Au plus près des éléments naturels, Bae Bien-U dissout la perspective en se concentrant sur les manifestations sensibles de la lumière, du vent, de la brume. Chacune des photographies de Bae Bien-U est teintée d’une atmosphère différente, qui influe sur les sentiments du spectateur.

DESSINER AVEC LA LUMIÈRE, RYTHMER L'ESPACE

Bae Bien-U est très attentif aux effets de la lumière sur les éléments. Pour lui, photographier c’est dessiner avec la lumière. On observe ainsi dans ses oeuvres des jeux de contrastes entre le noir et le blanc, le plein et le vide, le détail et le flou. L’artiste construit l’image avec la mise en tension de ces éléments graphiques. Pour lui, les blancs, les entre-deux, sont constitutifs de l’espace de la photographie. Ce rapport entre des noirs parfois très intenses et les respirations des blancs évoque la peinture à l’encre traditionnelle coréenne qui joue de ces mêmes équilibres.

Dans cette approche graphique de la photographie, Bae Bien-U cite le travail de l’artiste américain Edward Weston (1886-1958) qui, dans les années 1930 photographie des paysages. Ce dernier utilise le gros plan et les contrastes de lumière qui magnifient les lignes dominantes et renforcent l’expressivité de l’image.

Par son cadrage, Bae Bien-U, coupe ou isole le sujet, comme dans la photographie "SNM5A-003H" où les arbres sont pris sans racines ni branches. Il compose ses images avec les troncs noueux des pins, les masses sombres des rochers qui deviennent alors des motifs et des lignes rythmant la surface. Cette approche formelle, rappelant les recherches modernistes du début du XXème siècle (notamment celles du photographe allemand Renger Patzsch, 1887-1966) est accentuée par les formats parfois très verticaux des photographies et leur système d’accrochage. Elles sont en effet présentées par ensemble avec des intervalles très resserrées, rythmant l’espace d’exposition. Plus que la représentation d’un paysage, Bae Bien-U vise à en décrypter les éléments constitutifs et à en saisir l’essence.


(1) Jeong Seon : peintre de la dynastie Joseon (1392-1910).



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