Musée d'art moderne et contemporain de Saint-EtienneSaint-Etienne Méetropole
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Delph750
Le 30 mars 2012.

"Super cette rubrique ressources. J'ai pu faire plusieurs recherches très différentes afin de préparer une séance d'arts visuels pour ma classe de CM1. Du coup, je pense les emmener en visite au Musée l'année prochaine, en CM2.".
 
 
 
contenu destiné au public adulte
Marco Tirelli
Source : Département des publicspublié le 05 novembre 2016

Marco Tirelli, vue de l'exposition. Courtesy de l'artiste. © Marco Tirelli. Photo : Charlotte Piérot/SEM 2016.

Marco Tirelli, Sans titre. Tempera sur papier, 39,5 x 39,5 cm. © Marco Tirelli. Photo : Ottavio Celestino.

Marco Tirelli, Sans titre. Graphite et encre sur papier, 35,5 x 50,2 cm. © Marco Tirelli.

 
Marco Tirelli, Sans titre. Tempera et acrylique sur papier, 24 x 25,3 cm. © Marco Tirelli.

 

 

 

Marco Tirelli est né en 1956 à Rome. Il obtient un diplôme en scénographie à l’Académie des Beaux-Arts et réalise sa première exposition personnelle en 1978. Il intègre alors pleinement le paysage de l’art contemporain italien(1). Aujourd’hui, Tirelli vit et travaille le plus souvent à proximité de la ville de Spoleto, dans les montagnes de l’Ombrie.

COMME LES PAGES D’UN JOURNAL

L’installation conçue minutieusement par l’artiste rassemble plus de 400 dessins. Ils sont principalement réalisés en noir et blanc, à l’encre, au graphite, au fusain ou à la peinture et créent des variations de style et de facture. Les dessins recouvrent la surface d’un mur et sont exposés sur des feuilles identiques, positionnées à intervalles réguliers. Ce système d’accrochage prend la forme d’une grille et rend l’ensemble harmonieux.

Ainsi organisés, ils appellent l’idée d’un cabinet de curiosité(2). Les références à l’histoire de l’Italie sont nombreuses, celle qui renvoie à la Renaissance est incontournable. Elle apparaît notamment par la mise en œuvre des techniques de la perspective et par des mises en lumière théâtralisées.

L’artiste explique que ces dessins sont comme les pages d’un journal présentées à l’échelle monumentale et sans chronologie. Sa mémoire est déposée sur le papier, image après image. Elles agissent comme des signaux ou des symboles pour réactiver notre mémoire individuelle et collective. En parcourant du regard cette surface, les souvenirs ressurgissent et retombent aussitôt dans l’oubli. Pour l’artiste, l’œuvre agit sur le visiteur à la manière d’un "théâtre de mémoire"(3)


OMBRE ET LUMIÈRE

"La profondeur de l’obscurité est infinie", nous dit Tirelli. C’est "dans cette sublime terreur"(4), ce noir abyssal, qu’il tente d’extraire les images. Dans sa peinture, les jeux d’ombre et de lumière donnent à l’image une dimension métaphysique. Les formes surgissent parfois d’une lumière orientée. La limite entre les noirs et les blancs s’estompe dans un délicat clair-obscur. Des effets de projection, de rayonnement ou de halo, donnent à l’image une précision illusionniste, une troisième dimension à la fois tangible et évanescente. Parmi la multitude des thèmes se glissent des formes géométriques en noir et blanc. Elles évoquent l’art abstrait de Kasimir Malevitch(5 )dont il partage l’approche spirituelle. Mais lorsque Tirelli peint un rectangle, divisé en deux triangles, l’un noir, l’autre blanc, il rajoute parfois un trait gris sur la diagonale, rendant ainsi moins franche la limite, pour laisser place à un entre deux.
"[…] si l’on regarde certains soirs à la fenêtre il fait si noir que l’on ne voit rien : une espèce de miroir noir que seul l’esprit peut remplir.
Si la maison est ce qui est connu (l’histoire) et que l’extérieur est ce qui est inconnu (le possible) alors le seuil qui les divise est là où je me situe... juste ici, là où l’obscurité se fait ombre de la lumière.»(6)

FRAGMENTS DU MONDE

L’art de Tirelli est traversé par l’idée d’embrasser le monde, mais aussi par la certitude de l’échec inévitable d’une telle entreprise. À l’intérieur de la grille, le "Tout" nous échappe, nous n’en saisissons que quelques fragments. Le regard s’accélère, les "arrêts sur image" se multiplient. Les arbres, les hommes et les bêtes, côtoient des figures plus abstraites, des objets et des lieux mystérieux d’où l’homme est exclu. Les images semblent s’effacer, se reconstruire, se dupliquer comme dans un jeu de miroirs infini. L’image d’un escalier isolé de son architecture est récurrente. Elle incarne la métaphore d’un passage qui ne mène nulle part et conduit vers tous les possibles.

Tirelli se définit à la fois comme Classique et Romantique. Classique, parce qu’il aspire à une vision globale du monde, aux règles de l’harmonie. Romantique, parce que de cet idéal classique, il ne reste qu’une mélancolie des ruines, un morcellement.


MYSTÈRE DU VISIBLE

L’artiste représente souvent un œil ou une pupille, ainsi que des instruments de vision comme des télescopes ou des microscopes. Ces images nous renvoient à notre posture de spectateur. Nous regardons des images qui nous regardent à leur tour. L’artiste semble mettre en abîme les mécanismes de notre vision : point de vue, cadrage, champ de vision. Il souligne particulièrement les limites de ce que nous pouvons voir. Pour Tirelli, le visible n’est rien s’il n’est pas transformé par la pensée. C’est à travers le filtre de nos désirs, de notre histoire, de notre imaginaire et de notre réflexion, que nous transformons ce que nous voyons en images, par l’acte de regarder. C’est aussi par ce mécanisme que l’artiste produit des images qu’il qualifie parfois de "surfaces". Il postule d’ailleurs que : "Si la surface est la manifestation irréfutable de toutes les profondeurs alors la peinture – qui a lieu sur la surface – est le lieu métaphysique par excellence."(7) Ces surfaces profondes nous renvoient finalement à une interrogation fondamentale de l’art : le mystère du visible.

"Je circule parmi les choses en cherchant l’harmonie, comme si elle était le centre d’un labyrinthe ; en avançant je trouve l’harmonie d’un labyrinthe sans centre."(8)


(1) À cette époque, il est rattaché à un groupe d’artistes appelés "Nouvelle École Romaine" (Nuova Scuola Romana) ou "groupe de San Lorenzo". Avec l’"Arte Povera" et la "Trans-avant-garde", il s’agit alors du 3e acteur majeur de l’art contemporain italien.
(2) Collection privée d’objets rares ou étranges représentants souvent les trois règnes : animal, végétal, minéral ainsi que le domaine des sciences, de l’art, des techniques...
(3) Giulio Camillo (vers 1480-1544), conçoit un théâtre en bois dans lequel sont affichées des images. L’espace géographique associé à une image renforce le processus
de mémorisation.
(4) Marco Tirelli, "lumière, ombre, matière", 1997. Site internet de l’artiste.
(5) Kasimir Malevitch (1878-1935) est un artiste russe, figure de proue du mouvement suprématiste et l’un des initiateurs de l’abstraction. Le tableau "Carré noir sur fond blanc" est emblématique de son œuvre.
(6) Marco Tirelli, "lumière, ombre, matière", 1997. Site internet de l’artiste.
(7) Marco Tirelli, "lumière, ombre, matière", 1997.
(8) Marco Tirelli, in "Virtu Della Pittura", 1998, Laura Cherubini, Galleria dello Scudo Verona.



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