Musée d'art moderne et contemporain de Saint-EtienneSaint-Etienne Méetropole
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Delph750
Le 30 mars 2012.

"Super cette rubrique ressources. J'ai pu faire plusieurs recherches très différentes afin de préparer une séance d'arts visuels pour ma classe de CM1. Du coup, je pense les emmener en visite au Musée l'année prochaine, en CM2.".
 
 
 
contenu destiné au public adulte
Peter Martensen, Ravage
Source : Département des publicspublié le 17 avril 2017

Peter Martensen, "The Game", 2010. Huile sur toile. 140 x 180 cm. Collection privée. Photo Henrik Petit. © ADAGP, Paris 2017.

Peter Martensen, "Night scene", 2015. Fusain sur papier. 100 x 140 cm. Collection particulière. Photo Henrik Petit. © ADAGP, Paris 2017.T

Peter Martensen, "The Lesson", 2008. Huile sur toile, 140 x 150 cm. Collection Otto Schütt. Photo Henrik Petit. © ADAGP, Paris 2017.

Peter Martensen, "The Transportation II", 2017. Huile sur toile, 190 x 240 cm. Courtesy de l’artiste et de la galerie Maria Lund. © ADAGP, Paris 2017.

 

 

 

Fidèle à sa tradition de présentation d’artistes étrangers, le MAMC+ consacre pour la première fois une exposition monographique à Peter Martensen, un des grands artistes de la scène danoise. Dessins, aquarelles, sculpture et vidéos sont présentés au cabinet d’art graphique, tandis que les peintures investissent un des espaces monumentaux du rez-dechaussée. Peter Martensen est né en 1953 à Odense au Danemark. Diplômé de l’académie d’Ostende, il suit un cursus à l’Académie des Beaux-Arts de Copenhague. Il vit et travaille à Hellerup, au Nord de la capitale. Ses oeuvres sont traversées par sa fascination pour la psychologie humaine. Le titre qu’il a choisi pour son exposition est annonciateur : "Ravage".

UNE ATMOSPHÈRE INQUIÉTANTE ET MYSTÉRIEUSE

"Je pars du fantastique pour aller vers le concret et le pragmatique."(1)

Dans les œuvres de Martensen, des individus, par petits groupes ou solitaires, sont figés dans des attitudes étranges au sein d’environnements familiers. Parfois, des pages blanches sont dispersées. S’agit-il de fragments de mémoire ou de supports vierges ? S’agit-il de traces, d’indices, de projections ? Le mystère demeure.

Au premier regard, ces œuvres apparaissent énigmatiques. Elles semblent naître d’une rencontre chaotique entre rêves étranges et sombre réalité.

La touche du pinceau est visible ; les gestes du peintre dénotent la recherche d’une sensualité picturale. Les couleurs sont assourdies et la lumière mise en scène. Les tonalités froides aux accents gris bleutés sont parsemées d’éclats blancs et d’ombres délicatement enveloppantes. Cette atmosphère particulière rappelle les œuvres de Vilhelm Hammershøi(2). Le réalisme des sujets et les motifs figuratifs sont ainsi mis à distance.

Les lieux représentés sont a priori anodins. Ils renforcent la sensation d’inquiétude incarnée par des figures anonymes et apparemment uniformes. Ainsi, ces dernières semblent être capables de tout, et particulièrement du pire.


FIGURES ET AUTOMATES EN OBSERVATION


Les personnages vêtus d’uniformes renvoient à l’autorité et l’aliénation. Ce sont des blouses d’experts, des vêtements de professionnels, des costumes de bureaucrates. Les blouses blanches répondent à l’image du spécialiste, seul habilité à décider de notre futur. Reproductibles à loisir, les personnages deviennent des clones et se répandent à l’infini comme un motif abstrait. Leur inexpressivité semble révéler un traumatisme. Ils restent inexorablement bloqués dans cet état d’expectative ou de sidération.

Dans la vidéo "The Test" (2008), un homme est convié à un examen dont il ne connaît pas l’objectif. Il est enfermé dans un lieu anonyme. Le cadrage vidéo de cette scène redouble cet effet d’enfermement.

Chez Peter Martensen, ces phénomènes de répétition apparaissent comme des mécanismes de conditionnement qui manipulent le spectateur. Parfois, il introduit des jeux de regards : les personnages ne communiquent pas entre eux mais scrutent des scénettes animées par d’autres figures, rétrécies à la dimension de jouets. Par le regard, le spectateur est concerné au même titre que les acteurs du tableau.

"Certaines impulsions spirituelles peuvent transformer les gens en poupées […]. Ce sont […] sur ces boutons qu’on peut appuyer pour pousser les gens à commettre des meurtres de masse avec le sourire aux lèvres ou le paradis en tête."(3)

L’IMAGE EN SOMMEIL DANS LA PEINTURE

Martensen s’inspire parfois de photographies qu’il prend lui-même ou qu’il découvre dans des revues, des livres d’histoire, etc., ou qui proviennent d’arrêts sur image (film, TV), ou encore de peintures célèbres. La série Peintures de procès repose ainsi sur des photographies de presse ou des images de la retransmission du procès de Nuremberg après la Seconde Guerre Mondiale. Ces images qui restent imprimées sur la rétine et dans la conscience, ressurgissent de façon fugace et indélébile, presque subliminale.

"Je suis né seulement huit ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale […]. Mon père avait le catalogue de la grande exposition internationale de photographies The Family of Man, que j’ai considéré comme un trésor des photos du monde tel qu’il était "vraiment". Je peux encore éprouver le frisson et la terreur que je ressentais étant enfant lorsque je parcourais les pages de cette sublime collection de photographies !"(4)

Martensen aime à réinvestir les sujets traditionnels de la peinture classique. La peinture sublime et questionne ainsi les traces d’une réalité historique et artistique. Les oeuvres mettent en doute la crédibilité de l’image et la crédulité du spectateur vis-à-vis des images. En prenant de la distance, l’histoire devient-elle sourde, la réalité absurde, le rêve mélancolique ?


(1) Lisbeth Bonde, Interview, "Peter Martensen, SOLO", Borgen, 2006. Traduction MAMC+.
(2) Vilhelm Hammershøi (1864 – 1916) est un peintre danois célèbre notamment pour ses représentations d’intérieurs et ses portraits vus de dos.
(3) Catalogue de l’exposition, "Chorégraphie au crépuscule, le réalisme mental de Peter Martensen, un univers pictural à la sensibilité" photographique, Merete Sanderhoff, 2017.
(4) Lisbeth Bonde, Interview, Peter Martensen, SOLO", Borgen, 2006. Traduction MAMC+. "The Family of Man" est une exposition créée en 1955 par Edward Steichen pour le Musée d’Art Moderne de New York (MoMA). Elle se veut manifeste pour la paix et l’égalité entre les hommes et rassemble des centaines de photographies du monde entier. La Bibliothèque du Musée possède un exemplaire du catalogue de cette exposition.



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