Musée d'art moderne et contemporain de Saint-EtienneSaint-Etienne Méetropole
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Avis
Avis de
Delph750
Le 30 mars 2012.

"Super cette rubrique ressources. J'ai pu faire plusieurs recherches très différentes afin de préparer une séance d'arts visuels pour ma classe de CM1. Du coup, je pense les emmener en visite au Musée l'année prochaine, en CM2.".
 
 
 
RUFF Thomas : Porträt Carole
 
L'OEUVRE
- Titre : Porträt Carole
- Artiste : Thomas RUFF. Artiste photographe allemand né en 1958 à Zell am Hamersbach (ancienne République fédérale d'Allemagne). Il vit et travaille à Düsseldorf (Allemagne). Date de l'oeuvre :
- Date de l'oeuvre : 1989
- Domaine : Photographie
- Support / Technique : Photographie couleur sous plexiglas.
- Exposition(s) :
- Thèmes :
- Collection photographie
- Corps
- Société
- Langage
- Acquisition : Achat à une galerie en 1990
- Droits d'auteur : © Adagp
- Dimensions : 210 x 165 cm
- Echelle : Grand
 
 
contenu destiné au public adulte
RUFF Thomas : Porträt Carole
Source : Département des publicspublié le 13 août 2012

DESCRIPTION ET COMMENTAIRE

Thomas Ruff est né en 1958 à Zell am Hamersbach (ancienne République fédérale d'Allemagne). Il est de nationalité allemande.
 
Citations
 
"Images sans foi, sans arrière-fond, parfaitement laïques, qui disent leur propre réalité, leur propre condition d’images photographiques, avec tout ce que cela implique : à la fois le pouvoir (l’illusion) de l’analogie au monde réel, mais aussi l’artificialité la plus totale... […Kelly] est un rythmeur de surfaces dont le style est d’une paisible assurance et d’une réelle distinction. Sa virtuosité est éclatante par la sobriété même de ses moyens.[…] L’art de Kelly est transparent et léger comme l’air matinal des cimes. J’aimerais le voir décorer de grandes aérogares toutes baignées de lumière. Ses plans simples, finement accordés, y seraient comme une musique précise et douce, aidant à l’envol de l’esprit vers les hauts plateaux d’une perfection imaginable où tout serait repos."

Régis Durand, "L’imagerie laïque de Thomas Ruff" in "Thomas Ruff", Centre National de la Photographie, 1997.

"Hermétiques, les portraits de Thomas Ruff semblent être protégés par un champ énergétique".

Hanna Humeltenberg, "la Magie du réel dans les images de Thomas Ruff", in "Périls et Colères", CAPC, Bordeaux, 1992.


La série "Porträt" s’inscrit directement dans la tradition du portrait, le portrait d’une génération “sans illusion”. 
Thomas Ruff y reprend l’esthétique de la photo d’identité :

- Un point de vue frontal face à un sujet inexpressif,
- Un fond neutre, un cadrage systématique
- Un éclairage froid et diffus.

 

Par ce parti pris de neutralité, rien n’est révélé de l’identité ou de la personnalité du sujet. Aucune interprétation psychologique n’est possible.

Thomas Ruff dit lui-même qu’une photo ne peut rien révéler de la personnalité, […elle] ne fait que reproduire la surface des choses sans jamais pouvoir en saisir le contenu.

 

C’est un long processus de recherches qui le mène petit à petit à cette radicalité :
- Entre 1981 et 1985, il commence cette série par des portraits qui ne sont pas systématiquement de face. Il adopte à cette période le principe d’un fond coloré, à chaque fois différent. Le format est de 24 x 18 cm.
- En 1986, Il décide d’en agrandir certaines, la couleur devient alors trop présente. Il opte alors pour le très grand format (210 x 165 cm) associé à un fond neutre.
- En 1998, il change de papier photo, ses portraits deviennent alors moins contrastés et plus cliniques.

C’est aussi le caractère monumental de ces photographies qui sème le trouble. Leur présence est intense. Ces photographies, par ce procédé d’agrandissement deviennent très proche de la peinture. La lecture d’un tel format nous perd dans le plus infime détail, jusqu’au moindre pore ou poil de barbe. Le motif passe alors en arrière plan, c’est l’expérience physique face à l’image qui prime.
Ce dispositif radical est devenu la marque de fabrique de Thomas Ruff ; il se substitue finalement au sujet. C’est là le paradoxe, en systématisant ses prises de vue, en tendant vers l’objectivité, l’auteur devrait disparaître, c’est pourtant l’inverse qui se produit. Le réel devient alors totalement artificiel, voire factice.

En parallèle, entre 1987 et 1991, Thomas Ruff réalise sa série "Häuser". 

Il utilise le même procédé : systématisme, lumière froide, point de vue frontal, ciel neutre et grand format. 
C’est l’architecture allemande d’après-guerre qui en est cette fois-ci, le sujet. Cette architecture caractéristique de la reconstruction allemande, influencée par le Bauhaus mais qui n’a gardé que quelques rapports formels des grands principes élaborés par Walter Gropius. 
De la même manière que pour ses portraits, aucune place n’est laissée à l’interprétation. Il nous montre ainsi que, malgré la grande précision de ce médium, malgré un parti pris objectif, la photographie ne peut montrer que la surface des choses.


Contexte, filiations
 
Le travail de Thomas Ruff est en filiation directe, d’un point de vue formel, avec le travail de Bernd et Hilla Becher (professeurs à l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf où étudia Thomas Ruff). L’inventaire d’éléments architecturaux industriels du XXème siècle (hauts-fourneaux, châteaux d’eau, silos…) touche au même but : neutraliser l’objet photographié. Le caractère typologique et “objectif” de leurs photographies d’architecture en noir et blanc prend tout son sens dans la série quasi exhaustive. Dans la lignée des portraits d’August Sander (1876-1964) et les photographies de végétaux de Blossfeldt (1865-1932), le travail des Becher se situe dans la recherche formelle et la préoccupation documentaire. C’est l’état des lieux de notre société post-industrielle. Dans les photographies de Thomas Ruff, comme dans celles des Becher, la multiplication de la singularité annule la singularité.



Bernd et Hilla BECHER, "Typologie, Chevalements de puits de mines". 1996. 12 photographies. Photographie noir et blanc. 168,9 x 185,6 cm. © Bernd et Hilla Becher
Lecture d'œuvre "Typologie, Chevalements de puits de mines" de Bernd et Hilla BECHER.
 

Paul Ardenne, dans son ouvrage "L'Art, l'âge contemporain, une histoire des arts plastiques à la fin du XXème siècle" situe Thomas Ruff dans la lignée historique du photo-reportage, dans la famille des “objectivistes" "partisans de l’image dépassionnée ou collant à la réalité", avec Thomas Struth et Andreas Gursky. Dans la même lignée mais pour les images "qui enregistrent la vie dans toute son énergie", il situe Larry Clark, Nan Goldin, Araki Nobuyoshi. Mais tous ces artistes se trouvent aussi dans un courant plus dense, celui de l’attrait pour le quotidien, le banal, l’ordinaire qui fait surface dans le contexte artistique des années 1980.

Paul Ardenne,  "L'Art, l'âge contemporain, une histoire des arts plastiques à la fin du XXème siècle". Paris, éd. du Regard, 1997.


Dates clés 

1958 :
 naissance de Thomas Ruff à Zell, Allemagne.
1977 : formation à l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf où Bernd et Hilla Becher enseignent.
1978 :
 participe aux cours de Bernd Becher.
1979 :
 commence sa série Interieurs. Il est le seul membre du cours de Bernd Becher à travailler en couleur.
1981 :
 réalise la première photographie de la série Porträt. Première exposition personnelle à la galerie Rüdiger Schöttle à Munich.
1987 :
 sa réputation devient internationale grâce à sa série Porträt.
1988 :
 se consacre entièrement à son art. Participe à des expositions majeures : Aperto à Venise, BiNational à Düsseldorf et Boston.
1992 : inspiré par les photographies de la Guerre du Golfe, que l’on pouvait voire dans les journaux télévisés, il commence sa série Nacht.
1995 :
 représente l’Allemagne à la Biennale de Venise (avec Katharine Fritsh et Martin Honert).
1999 : travaille sur la question du nu photographique. A partir de photographies pornographiques téléchargées sur internet, il aborde sa série "Nudes".


Textes conseillés 

Régis Durand, "L’imagerie laïque de Thomas Ruff" in "Thomas Ruff", Centre National de la Photographie, 1997.
Hanna Humeltenberg, "La Magie du réel dans les images de Thomas Ruff", in "Périls et Colères", CAPC, Bordeaux, 1992.


 
Autres œuvres de Thomas Ruff dans la collection du Musée

Série "Porträt"

"Portrait", 1986. Photographie couleur.232 x 180 cm. © Adagp.

"Porträt - Christoph Steinmeyer", 1989. Photographie couleur sous plexiglas. 210 x 165 cm. © Adagp.

Série "Häuser"

"Haus n°8 III 1/4", 1er avril 1988. Photographie couleur. 200,4 x 244,5 cm. © Adagp.

"Haus n°12 III B", 1er avril 1989. Photographie couleur. 175 x 232 cm. © Adagp.


Service des Publics

 



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