Cet accrochage des collections se concentre sur l'objet, dans tous ses états : objet du design, mais aussi objet de l'art et dans l'art, de l'époque moderne à l'époque contemporaine.
Une partie de la riche collection de design est déployée dans la salle d'ouverture, avec en regard une récente acquisition : l'installation d'Arnaud Labelle-Rojoux, Who's afraid of design ?, conçue en 2009 pour le Musée d'Art Moderne. Le reste du parcours permettra d'éclaircir la présence de l'objet dans les arts plastiques aux XXème et XIXème siècles.
Envahissant le champ des arts, d'abord à travers sa re-présentation, puis par sa présence brute, l'objet est le signe par excellence du triomphe de la société industrielle et de consommation. Là où le designer réfléchit sur ses usages (la façon dont il sert ou produit des besoins humains) et ses formes, l'artiste interroge sa place dans le monde, sa portée, son sens.
Dans un premier temps, qui correspondrait à celui du cubisme, l'objet manufacturé, en même temps que ses corollaires en amont et en aval, la machine et la publicité, s'insinue dans les esthétiques modernes, au second degré (la représentation) comme au premier (collage). Plus profondément encore, la pensée industrielle qui progresse amène à envisager une modernisation parallèle de la peinture elle-même : c'est l'idée que défend le purisme.
A quelques décennies de distance, les oeuvres de Gino Severini (Collage au journal Lacerba, 1911) ou de Fernand Léger (La partie de campagne, 1953) illustrent bien ce nouveau statut et ce nouveau traitement de l'objet dans les avant-gardes de la première moitié du XXème siècle.
Les dadaïstes puis les surréalistes décalent ce rapport à l'objet, prenant un recul critique ou poétique avec la progression du monde machine : les objets aux mécaniques ou constructions absurdes, l'association insolite ou l'invention d'objets nouveaux, aux usages étranges et irrationnels, sont légion dans l'oeuvre de Victor Brauner. Une série de dessins de l'artiste (Chapeautandem, 1934, ou Anatomie du désir, 1935-1936) illustrera cette vision surréaliste de l'objet, empreinte d'humour, d'imagination, de fantasme.
Après guerre, en réaction à la prédominance de l'abstraction lyrique en Europe et aux Etats-Unis, les Nouveaux-Réalistes réinstaurent la présence du réel dans l'art, en y introduisant, en y injectant même de manière directe l'objet : Accumulation de haut-parleurs, d'Arman (1963), poupée dans Jeter l'enfant avec l'eau du bain (1967) de Daniel Spoerri.
La question de la représentation de l'objet industriel dans les médias est parallèlement mise en question, dans une société d'après-guerre où tous les idéaux ont partie liée avec la consommation : Raymond Hains offre une vision gigantesque et déformée de l'enseigne Martini (1968), Alain Jacquet brouille la vision par l'agrandissement de la trame photographique et joue de la sérialité : ses Bulldozers (1973) deviennent fantomatiques et insignifiants à la fois.
Le Pop art triomphe dans les mêmes années, aux Etats-Unis surtout (Tom Wesselmann, Illuminated Still Life, 1964), mais en France également où Martial Raysse reprend son esthétique lisse et brillante, manifestation de la séduction de l'esthétique industrielle (Heart Garden, 1966, Hygiène de la vision, 1968).
Continuation, variation ou posture critique par rapport au Pop, la figuration narrative prend pour motif essentiel les objets de consommation. La voiture, objet de convoitise, symbole à la fois de réussite sociale et d'émancipation, devient quasi idole dans les oeuvres de Don Eddy ou Peter Stampfli.
Les salles suivantes sont consacrées à des approches plus contemporaines (Ange Leccia ou Jean-Luc Vilmouth) représentatives d'un lien plus que jamais ambigu avec l'objet : attirance ou répulsion, acceptation ou résistance, jouissance ou aliénation de la consommation, qui va jusqu'à s'emparer du corps lui-même.
Guide du visiteur :
Catalogues des collections :
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D'un siècle à l'autre : le nouveau catalogue des collections XXème siècle du Musée d'Art Moderne.
À l'occasion de son vingtième anniversaire (1987-2007), le Musée d'Art Moderne a publié aux éditions Skira un nouveau catalogue de ses collections du XXème siècle. Tout en donnant une vision d'ensemble de la collection et de ses chefs-d'œuvre, cet ouvrage met en avant la politique d'acquisition du musée durant ces vingt dernières années.
Une édition française et une édition anglaise.
Editeur : Skira, Paris
Prix : 35 € version brochée ; 49 € version reliée.
Pages : 272 - Illustrations : 285 - Format : 24 X 28 cm
Date de parution : décembre 2007
Disponible à la libraire-boutique du musée. |
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Design, collection du Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne Métropole
Le catalogue exhaustif des collections de Design du Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne Métropole présente 150 chefs-d'œuvre avec notice illustrée (français-anglais) et une introduction de Jacques Beauffet, conservateur en chef du musée jusqu'en 2008, qui a été l'un des initiateurs de cette collection. 1000 vignettes donnent un aperçu de l'ensemble de cette collection.
Edition bilingue : français et anglais.
Editeur : Cité du Design Editions.
Prix : 35 euros.
Pages : 510.
Date de parution : novembre 2008.
ISBN 9-782912-808172.
Disponible à la libraire-boutique du musée. |
Livret de famille :
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Fabriquer une "salière en papier", compter : un, deux, trois..., "c'est quoi ce bidule-truc-chouette ?", et la découverte commence !
Un parcours aléatoire à travers les salles d’exposition se dessine.
Résoudre des énigmes, réaliser des expériences en famille, répondre à des questions insensées, lire les indices, autant de pistes qui permettent d’approcher l’œuvre, la scruter, d’y pénétrer, de la comprendre… en famille.
Disponible gratuitement à l’accueil du musée.
Création originale de la couverture : Julie Rica, Service des Publics.
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Télécharger au format pdf le "Livret de famille".
Télécharger au format pdf la "Salière-cocotte".
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Plan des salles d'exposition du 15 mai au 22 août 2010 :
Visites guidées durant les vacances scolaires du samedi 3 juillet au dimanche 22 août :
- Les lundis, mercredi, jeudi vendredi et samedi : 14 h 30
- Les dimanches : 11 h , 14 h 30 et 16 h.
- Les mardis : pas de visite guidée, jour de fermeture hebdomadaire pour le public, sauf pour les groupes sur réservation.
- Mercredi 14 juillet et dimanche 15 août : pas de visite guidée, le Musée est fermé au public pour cause de jour férié.
Tarifs :
Entrée : 5 euros.
Tarif réduit : 4 euros.
Enfants de moins de 12 ans : gratuit.
Entrée et visite guidée : 6 euros.
Tarif réduit entrée et visite guidée : 4,50 euros.
Visite guidée pour groupe adultes sur réservation : 5,50 euros par personne avant 18 h.
et 8 euros par personne après 18 h. Contact : Nathalie Pauze.
Tél. : 04 77 79 70 70 (du lundi au jeudi).
Email : n.pauze@agglo-st-etienne.fr
Gratuité tous les 1ers dimanches du mois.
Deuxième dimanche du mois, entrée à 3 euros.
Attention : le mardi est le jour de fermeture hebdomadaire du Musée.
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