| | | Pierre Jouve (Cabinet d'arts graphiques) | | Marianne brisée, ou la face cachée de Paris | | | Pierre Jouve, né en 1943, ancien journaliste de la presse écrite internationale, est photographe et écrivain. Il a réalisé notamment plusieurs films sur des chefs d'état ou des leaders d'opinion. Le Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne Métropole lui offre au Cabinet d'arts graphiques sa première exposition muséale photographique. Il y montre les Parisiens de la détresse : hommes et femmes, enfants, vivants ou morts, choses et lieux qui soudain constituent l'autre face de Paris. Pendant une année, Pierre Jouve a pu photographier Paris libéré des entraves qu'opposent à la vision des drames, la justice et la police, les politiques, pour toutes les raisons possibles, dont celle de défendre victimes ou crapules de l'avide regard de la presse. Autorisation exceptionnelle accordée à un artiste de plonger son regard dans la réalité dramatique du quotidien de la cité ; volonté de la Préfecture de Police de Paris de laisser une trace du Paris cruel, des années 2006-2007, début d'un nouveau siècle.
Les quelque 45 photographies exposées au Musée d'Art Moderne font partie du '' fonds '' que Pierre Jouve déposera pour témoignage aux autorités. Ces images parachèvent son essai Brigade criminelle : "L'Enquête inédite" (éd. Denoël, 2004), dans lequel là aussi il dévoilait mais par écrit le Paris des policiers du quai des Orfèvres.
Pierre Jouve au gré de ses errances a capté l'esthétique acide de la douleur, des lieux de détention, de violence et de misère sociale ou mentale. '' Visite '' sans fard de l'univers quotidien des policiers, des psychiatres, des médecins de la morgue de la Préfecture de Police de Paris. Certaines des photographies peuvent choquer mais ce sont celles qui démontrent comme toujours la supériorité expressive du réel.
Légendes choisies :
Cliché n°3 : Superman de la perquisition à l'aube, le policier harnaché et armé constate que le jeune homme est inoffensif. Le Coran est sur les murs.
Cliché n°5 : Misère des migrants. Les huit couloirs pour automobiles du périphérique ronflent et sifflent à quelques mètres. Il fait plus de 30 degrés porte de Bagnolet. Puanteur des pots d'échappement et des ordures accumulées sur ce terrain en pente, où les employés de la ville refusent de se rendre par crainte d'y contracter une maladie. Des Bulgares venus se vendre au rabais sur le marché du travail se sont installés là et y vivent sans eau, ni sanitaires, ni électricité. Bidonville reconstitué. Ce Bulgare-là est appréhendé pour contrôle de permis de séjour. Il s'est jeté sur un tas de détritus. Il proteste.
..Guide d'aide à la visite : Pierre Jouve
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|  | | Pierre Jouve, (cliché n°1), photographie. © DR | | |
|  | | Pierre Jouve, (cliché n°2), photographie. © DR | | |
|  | | Pierre Jouve, (cliché n°3) photographie. © DR | | |
|  | | Pierre Jouve, (cliché n°4), photographie. © DR | | |
|  | | Pierre Jouve, (cliché n°5), photographie. © DR | | |
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