Loris Cecchini est un artiste italien né en 1969 à Milan.
Son univers trouble en nous proposant un rapport déstabilisant à l'objet et à sa construction : les premières œuvres de Cecchini sont des objets du quotidien qu'il a moulés et reproduits dans des matériaux souples, mous, comme la gomme ou la cellulose. Ces objets, unis, gris et neutres semblent inutiles du fait de leur mollesse ; déconnectés de la réalité ils laissent la part belle à notre imaginaire. Selon le même procédé, Cecchini a moulé des éléments architectonique (portes, fenêtres).
Oscillant entre sculpture, architecture ou maquette, les œuvres présentées au Musée d'Art Moderne nouent une relation complexe entre construction et déconstruction, artificiel et naturel telle la série des Rainbow Trusses, (2009). L'artiste a reproduit des éléments de construction (structure, armature) avec un matériau transparent (du polycarbonate, matériau utilisé pour concevoir les verres de lunettes). Plaquées contre le mur, ces armatures semblent des étagères habitées par des formes organiques, comme des végétaux - branches, feuilles séchées, mousses - ou des coquillages. Le jeu de la lumière donne à ces architectures de fortune une préciosité décalée.
Devant Crystal engineering in Self-Assembly Networks, (2009), on ne peut s'empêcher de penser à un bijou à grande échelle. L'œuvre est constituée d'une multitude de modules en acier assemblés les uns aux autres. Tentaculaire, cette installation hésite entre virtualité et réalité physique : les modules pouvant être assemblés à l'infini évoquent des simulations informatiques tandis que dans la réalité de la salle d'exposition, l'œuvre joue avec la pesanteur, à la limite du déséquilibre.
La série des Gaps, que l'artiste réalise depuis 2005 présente des éléments architecturaux (Gaps) figuratifs - chaises, fenêtres - ou géométriques, intégrés dans l'enduit du mur. Ces éléments semblent émerger peu à peu de la surface du mur, sorte de peau blanche et lisse : la surface ainsi accidentée raconte soudainement une autre histoire
Les Monologue Patterns, petits espaces évoquant une caravane sont conçus pour offrir au visiteur un environnement clos, fœtal, où il peut s'installer et laisser libre cours à son imagination.
Quant à Wall Wave Vibrations (quanta canticum), (2009), comment ne pas penser aux ondes de l'eau dans laquelle on vient de jeter un caillou.
Enfin, les œuvres de Loris Cecchini ce sont aussi des dessins en 3D, des installations précieuses et organiques, ainsi que des petites mises en scènes où le réel flirte avec le délire, où l’humain côtoie le post-humain.
Ainsi Loris Cecchini brouille notre perception de la réalité : quotidien - fantastique, réalité - fiction, le spectateur semble suspendu, en attente.
Citations de l'artiste :
"L'idée d'atomiser une forme en travaillant sur un concept de fluidité et de déformation représente un passage important dans mon travail : en suivant des démarches qui se rapprochent du design, ce type de travail grandit et rapetisse dans tout les type d'espace, devenant une sorte d'instant sculpture, comme le comportement des plantes et des organismes, et en quelque sorte les calculs infinis...".
"L'idée de déconstruction et de reconfiguration d'un modèle familier m'a toujours énormément intéressé, justement parce que cela permet de faire glisser l'imaginaire le plus simple vers les territoires de la poésie, de l'utopie et de l'absurde."
Exposition co-produite avec le Centro per l’arte contemporanea Luigi Pecci de Prato.
Guide du visiteur :
 |
 |
 |
 |
|
Télécharger au format pdf le guide du visiteur de l'exposition.
"Je voudrais que l'espace de l'œuvre
continue à être l'instant du mirage,
quelque part entre délire et réalité, entre abstraction et utilité,
entre suspension et matérialité."
Disponible gratuitement à l’accueil du musée.
|
Catalogue :
 |
 |
 |
 |
|
Loris Cecchini, dotsandloops
Edition : Skira, 2009.
Textes de Marco Bazzini et Lorand Hegyi.
Langue : trilingue italien-français-anglais.
Prix : 35 euros
Disponible à la libraire-boutique du musée.
|
Videos :
|