Musée d'art moderne et contemporain de Saint-EtienneSaint-Etienne Méetropole
Accueil / Expositions / Expositions archivées
Aujourd'hui, mardi 21 novembre, le Musée est fermé sauf pour les groupes avec réservation.
 
 
Restez connectés !
 
 
 
 
 
Newsletter :
Abonnez-vous à la lettre d'information
  

Rechercher dans le site :
  



Avis
 
 

Expositions archivées

 
djamel,tatah
Sans titre, 2012. Huile et cire sur toile. 300 × 200 cm. © ADAGP, Paris 2014.
 
Djamel Tatah, "Sans titre", 2012. Huile et cire sur toile. 300 x 200 cm. © ADAGP, Paris 2014.
 
Djamel Tatah, "Sans titre", 2012. Huile et cire sur toile. 2 x 250 x 200 cm. © Djamel Tatah. © ADAGP, Paris 2014.
 
Djamel Tatah, "Sans titre", 2012. Huile et cire sur toile. 2 x 250 x 200 cm. © ADAGP, Paris 2014.
 
Djamel Tatah, "Sans titre", 2013. Huile et cire sur toile. 250 x 200 cm. © ADAGP, Paris 2014.
 
 
Djamel TATAH
Du 14 juin 2014 au 21 septembre 2014
 

Djamel Tatah, né en 1959 à Saint-Chamond (Loire), fréquente l’école des Beaux-arts de Saint-Étienne de 1981 à 1986. Lorsqu’il évoque cette période, il raconte que "la peinture revenait dans le jeu alors que, partout ailleurs, la mode était au conceptuel".

En effet, si l’art conceptuel1 a délaissé la peinture au profit de photographies, d’installations, de performances et de vidéos, une nouvelle peinture apparaît en France dans les années 19802.

Djamel Tatah, depuis ses débuts, fidèle à ses principes, poursuit son travail de peinture autour de la figure humaine, le plus souvent placée sur un fond monochrome. Sa peinture est traversée par de nombreuses influences : les peintures de Giotto, de Piero della Francesca, de Manet ou du groupe des Nabis, qui ont notamment traité la juxtaposition des plans, la perspective ou la stylisation des formes, tant d’axes de recherches picturales qui animent l’artiste. Djamel Tatah tente ainsi de saisir dans son œuvre des figures intemporelles.

DU MODÈLE PHOTOGRAPHIÉ AU MOTIF DE LA FIGURE PEINTE

Djamel Tatah peint à l’huile et à la cire, sur des toiles, des "portraits" anonymes, aux visages identiques, ne représentant pas une personne particulière. Il les intitule Sans titre. Il commence ses processus de travail en photographiant des proches ou des personnes croisées dans la rue et réutilise ces photographies pour en extraire des silhouettes qu’il projette sur la toile, à l’aide d’un rétroprojecteur. Il raconte qu’"à partir d’une banque d’images mémorisées dans [son] ordinateur numérique, [il] en choisit une ou plusieurs. Avec [son] stylo numérique et en utilisant un logiciel, [il] réalise un dessin où [il] ne retient que les gestes, les lignes et les idées qui [l’] intéressent."3

Ainsi, les modèles retravaillés sont traités comme des motifs picturaux, voire répétés et utilisés en série. Les compositions se construisent sur des équilibres de verticales et d’horizontales qui divisent l’espace et le structurent. Les couleurs sont posées en fines couches et la teinte finale est obtenue par superposition de tons. Les peintures sont à la fois semblables et différentes jouant sur des variations répétitives. Elles se caractérisent par des fonds d’une ou deux couleurs, structurés par des bandes verticales. Les figures sont en pied, en buste, de face, de trois quarts, seules ou regroupées, dans des attitudes immobiles ou figées dans leur mouvement. Elles se reconnaissent par des visages blancs soulignés de rose pour les lèvres et de brun pour les cheveux et les vêtements.

FIGURES DEVANT UN VIDE

Les figures sont inscrites dans un espace délibérément neutre, en aplat. Elles semblent surgir du néant. Rien ne les relie à un espace réel ou à un temps précis même si certains vêtements rappellent plus ou moins ceux d’une époque.

Djamel Tatah dit que ces femmes et ces hommes "sont positionnés devant un vide". En effet, le fond est un "champ coloré" ou une surface abstraite structurée qui rappelle des œuvres de l’artiste américain Barnett Newman. Le fond est fait de couleurs diluées et de transparences, proche techniquement des peintures de l’artiste américain Mark Rothko. En réalité, cette surface lisse et la luminosité densifient l’espace pictural, créant un climat étrange, une atmosphère mystérieuse. Comme le remarque Olivier Kaeppelin "l’œuvre de Djamel Tatah est une œuvre qui par son économie, sa composition, sa surface utilise tous les pouvoirs de l’abstraction. [Ainsi, il crée] une relation entre les espaces, une vibration émouvante qu’il met au service de la représentation d’un individu (…)"4

FACE-À-FACE AVEC DES FIGURES

Les figures sont peintes grandeur nature mais on ne voit jamais leurs pieds. Les peintures sont volontairement accrochées très bas, à la hauteur de nos yeux, afin que le spectateur soit dans un jeu de face-à-face avec l’œuvre. Djamel Tatah dit qu’"en supprimant le point de fuite et la ligne de terre, le point de vue est donc directement celui du spectateur face à la figure, comme dans un miroir". Ces figures sont là devant nous et elles forcent le silence. Comme pétrifiées, elles sont saisissantes : elles nous renvoient à nous-mêmes, à nos solitudes, aux êtres rencontrés et à la vie qui s’écoule. Les personnages semblent isolés parmi les vivants ou passés dans l’au-delà. Ainsi, un des tableaux reprend les codes d’une mise au tombeau, proche aussi de l’homme gisant dans le "Christ mort" de Hans Holbein (1521).

Chez Djamel Tatah, les visages sans chair, sans aucune expression (bouches fermées, yeux ouverts) fascinent et déconcertent. Parfois, leurs regards se détournent de nous. Mais lorsqu’un regard se fixe sur nous, nulle âme ne s’y donne à percevoir, nulle émotion ne se laisse deviner. Proches en cela des portraits du Fayoum5, ces visages comme posés sur un corps deviennent des figures mélancoliques. À la fois présentes et absentes, elles paraissent en errance. D’autres figures semblent davantage esquisser des mouvements clairs et expressifs : chute, affaissement, inflexion, bras tendus… Chacun d’entre nous, selon notre propre interprétation, peut inventer des récits ou imaginer la psychologie, le caractère de ces figures seules ou regroupées.
Ainsi, Djamel Tatah fait surgir dans son œuvre une nouvelle entité du "portrait", réalisant sur un même plan l’alliance des deux principes essentiels de la nature humaine : la vie et la mort.


PROPOSITIONS DE CROISEMENTS ARTISTIQUES

CINÉMA

Michelangelo Antonioni : "Le cri" (1957) ; "L’Avventura" (1960) ; "L’Éclipse" (1962) ; "Le Désert rouge" (1964), etc.

Cinéaste entre autres de l’incommunicabilité, Antonioni fait écho aux errances existentielles de l’être. Djamel Tatah, dans les pauses et postures de ses figures, montre des hiatus entre les êtres et l’espace, mais aussi entre les êtres eux-mêmes.

THÉÂTRE ET LITTÉRATURE

Albert Camus : "L’Étranger" (1942) ; "La Chute" (1956)
Samuel Beckett : "En attendant Godot "(1948)
Eugène Ionesco : "Rhinocéros" (1959) ; "Les Chaises" (1952)

La solitude de l’être mise en exergue par Djamel Tatah dans ses peintures résonne chez certains auteurs dont les écrits ont pour thèmes récurrents l’absurdité de l’homme, de la vie, et l’angoisse qui peut être le résultat de la confrontation de l’être avec le néant.

ARTS PLASTIQUES

"Portraits du Fayoum", Égypte, 1er-3e siècles après J.-C.
Mosaïques byzantines de Saint Vitale à Ravenne (Italie), 6e siècle.
Hans Holbein : "Christ mort," 1521, huile sur panneau. Kunstmuseum, Bâle.
Enguerrand Quarton : "La Pietà de Villeneuve-Lès-Avignon", entre 1488-1546. Musée du Louvre, Paris.
Paul Gauguin : "La sieste", 1891-1892. Metropolitan Museum of Art, New York.
Henri Matisse : "Les Baigneuses à la Tortue", 1908. Saint Louis Art Museum, Saint Louis.
Michelangelo Pistoletto : "Les tableaux-miroirs", 1962-1982.


CITATION

"L'œuvre de Djamel Tatah est sous le signe de la solitude, une solitude au milieu des autres, une solitude profondément sociale, celle qu’on ne peut connaître qu’en société."
Yves Michaud6


(1) L’art conceptuel, mouvement des années 1960 aux États-Unis et en Europe, se définit, entre autres, par le fait que l’idée de l’œuvre, le concept, est considérée comme essentielle.

(2) Le groupe de la "Figuration Libre", dont les chefs de file sont Robert Combas et Hervé Di Rosa, crée des œuvres inspirées des bandes dessinées, des images populaires et de la culture rock. Leurs tableaux montrent qu’il est encore possible d’innover et d’inventer de nouvelles formes en utilisant la peinture ; cela contribue à redonner une certaine légitimité à ce medium dans les années 1980.

(3) In "Made by…Djamel Tatah", Paris : Kamel Mennour et galerie Enrico Navarra, 2008

(4) In "Djamel Tatah", Monographie, Saint-Paul de Vence : Fondation Maeght, 14 décembre 2013-16 mars 2014

(5) Portraits funéraires romains-égyptiens du 1er au 3e siècle après J.C.
(6) "L’homme de l’image" in Djamel Tatah, Galerie Éric Dupont, Toulouse, 1994.

> djameltatah.com/fr


CATALOGUE

Djamel Tatah, catalogue d'expo 

DJAMEL TATAH

Textes : Lorand Hegyi, François-René Martin, Caroline Archat / Langues : bilingue français - anglais / Édition : Nicolas Chaudin / Date de parution : dépôt légal mai  2014 / ISBN 9782350391762 / Prix : 28 euros / En vente à La Boutique du musée / En consultation à la bibliothèque Jean Laude.

> La Boutique / Catalogues des expositions


RENCONTRE AVEC DJAMEL TATAH

> consulter la vidéo (Dailymotion ; durée : 10'44")


RETOUR SUR...

STAGES ENFANTS VACANCES


Jeudi 10 et vendredi 11 juillet
> Métamorphoses de l'autoportrait


ON EN PARLE

 À ÉCOUTER & À LIRE

Publié le 18.06.2014
culturebox.francetvinfo.fr
"Les êtres figés de Djamel Tatah au Musée d'art moderne de Saint-Étienne"
> Lire et écouter en ligne

À LIRE

Publié le 14.08.2014
lemonde.fr
"Tania Mouraud et Djamel Tatah, deux modes de relation visuelle à l'Histoire", par Philippe Dagen
> Lire

  
 >>Retour à la liste des expositions
 
Adresse postale : Musée d'art moderne et contemporain - La Terrasse - CS 10241 - 42 006 Saint-Étienne cedex 1 - Adresse GPS : Rue Fernand Léger - 42270 Saint-Priest-en-Jarez